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J’ai déposé mon fardeau. Hier, je me rends à l’appartement de mon fils. J’ouvre la porte. Il est couché dans la cuisine. Sa barbe est sale, puante, tout souillée du vomi de la veille. Les drogues ont fait de lui une épave. Mon fils ouvre les yeux, il dit « maman ». Je réponds « oui, mon Claude, je suis là, je suis près de toi ». Et en l’embrassant, je reconnais son visage de bébé, j’entends le rire de ses huit ans quand je lui ai offert son premier jeu vidéo. Il a froid, je le recouvre. Je prends ses mains dans les miennes. Il serre mes doigts. Très fort. Sa respiration devient ample et paisible : il s’endort rapidement d’un bon sommeil d’enfant aimé. « Sois heureux, mon chéri » : c’est ce que je lui murmure à l’oreille. J’ai sorti le revolver et je lui ai mis une balle dans le cœur.