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Quelqu’un sonnait en plein midi, j’ai eu peur. Quand les milices nous ont massacrés, ils étaient venus à midi. Mais là, c’était une bonne nouvelle. La voix qui gueulait dehors n’avait rien de menaçant. « Ils l’ont arrêté, - c’est la voix - , le salaud, le boucher, le monstre, le diable ! Ils ont arrêté cet enculé violeur, ce liquidateur, ce purificateur ethnique, ils l’ont arrêté !!! Il va payer ! Allume la télé tout de suite. Faut que tu voies sa tronche, une barbe blanche, longue, et des cheveux tirés en arrière, on dirait une sorte d’hindou, mais c’est lui, c’est bien lui, c’est ce vampire, ce rat, je voudrais qu’il crève sous les pieds des gens qu’il a fait souffrir ». J’ai ouvert la porte et j’ai dit d’accord : Dansons sur sa gueule, et j’ai mis la musique plein pot.